Aujourd'hui, figure-toi lecteur, j'ai tenté l'expérience ultime :
Aller au coiffeur.

Pas « chez le », « au ».
Parce que ces êtres venus d'ailleurs ne parlent pas la même langue que nous.
Ce qui devient vite handicapant quand il faut leur expliquer comment on voudrait nos cheveux.
Enfin c'est pas problématique pour qu'on leur explique.
C'est problématique si on veut qu'elles comprennent.
C'est aussi gênant si elles entreprennent de nous taper l'amitié en commentant le dernier Voici pendant qu'elles nous massacrent la tête.
Alors moi, je suis arrivée avec mon air pas aimable, et elle a vite compris que c'est pas avec moi qu'elle allait élaborer de nouvelles théories météorologiques ou élucider le grand mystère du pourquoi c'était mieux avant.

En entrant dans le salon, c'est une jolie jeune fille qui m'a dit bonjour.
Mais c'est sa collègue qui était cachée dans un placard qui m'a pris en charge.
Et j'ai eu peur.
Ben ouais, c'est comme se faire maquiller par une vieille rombière peinturlurée comme une pute, ça inspire pas confiance.
Alors la jeune caillera techtonique à crête jaune, j'avoue, ça m'a fait flipper.
Du coup, en plus de mon air désagréable, je lui ai parlé comme si elle avait deux ans pour lui expliquer si elle touchait à ma frange Bettie Page, je l'énucléais avec son pinceau de coloriste.
Que je ne voulais pas de son soin au beurre de couille d'escargot à 120 euros la goutte.
Que j'avais juste besoin qu'elle camoufle mes racines, parce que même si elle a l'air d'apprécier les racines noires sous la crête jaune-foin, moi j'en veux pas.
(oui, le cheveu blanc s'est invité sur ma tête depuis que j'ai 17 ans, et le reste de mon cheveu naturel s'amuse à se panacher de châtain, de roux, de blond et de laid. Merci la nature...)
Que je voulais juste qu'elle coupe mes pointes abimées.
Point barre.
Et je dois dire que la jeune techtonique à crête de paille n'a pas été chiante.
Elle s'est même amusée à me faire pendant ¾ d'heures un brushing ultra lisse que mes cheveux ils ont l'air plus longs qu'avant qu'elle les coupe.
Du coup j'étais en confiance.
J'aurai pas dû.
Et je l'ai laissé toucher à ma frange.
J'aurai pas dû.
J'ai essayé de lui expliquer Bettie Page et les autres.
J'aurai pas dû.
Et ma technique secrète de frangeage.
J'aurai pas dû.
Alors elle a essayé.
Elle aurait pas dû.
Et j'ai ressemblé à Mireille Mathieu.
J'ai laissé tomber, parce que j'aurai dû savoir.
Il ne faut pas mettre trop d'espoir en l'humain.
Alors en la coiffeuse...
Ce n'est que quand je me suis relevée, quand la lumière s'est orienté sur mon crâne chevelu que j'ai constaté que les racines blanc terne avaient en fait laissé place à des racines façon Rox sans Rouky.

Le chemin a été long, pour rejoindre mon chez moi en Mireille Rox Mahieu.
Mais j'ai remédié à la boulette de la frange.
Et observé avec soulagement que le côté Rox ne ressortait que sous un certain angle.
Mais quand même, je vais peut être pas remettre les pieds au coiffeur avant que ça soit vraiment indispensable...







Shazaaaam!













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