Mais oui mais oui, l'école est finie

Publié le par Nama

Ben oui, voilà,  une semaine de vacances passées, une journée à bosser sur un projet pour ma classe, et paf, le petit truc insidieux qui revient...


l-ecole-est-finie---17755.jpgToujours dans un coin de la tête des  profs, les élèves
Mais cette fois, de vraies inquiétudes de ce qu'ils deviennent pendant ces vacances, parce que j'ai une  bonne proportion de cas cette année
et d'enfants que je sais en danger
dont je ne sais pas dans quel états je vais les retrouver
au delà du scolaire et du pédagogique
évidement, tout ce qui était possible de faire, au niveau judiciaire et institutionnel a été fait pour eux
les procédures sont en cours

c'est long les procédures...






il y a la petite fille  dont le grand frère aura tout le loisir de la violer pendant ces 15 jours, avec l'approbation de sa mère et les encouragements de sa soeur

il y a  le petit garçon dont les carries non soignées depuis des années peuvent provoquer des complications cardiaques à tout moment; mais dont les parents sont focalisés par  la mère et le frère séropositifs, et par la petite soeur nouvelle-née

il y a le petit garçon dont j'ai fini par percer la carapace et que se laisse aller dans la dépression parce que l'oncle qui l'a élevé est rentré au pays faute de papiers, et qui ne mange plus, ne dort plus, ne parle plus et n'apprend plus, mais dont les parents ne s'affolent pas

il y a la petite fille, handicapée d'un bras de naissance, tiraillée entre son envie de grandir et de prendre de l'autonomie et le fait que sa mère focalise complètement sur son "handicap"; entre son envie d'apprendre et le fait que ses parents ne sachent ni lire, ni écrire, et, comme pour le handicap, soient très agressifs vis à vis de ça

il y a cette petite fille  pour laquelle on essaye de monter un deuxième dossier de maltraitance psychologique, mais on n'a pas de preuves. la maman  aurait le syndorme de  Münchhausen par procuration. le psychiatre a déclaré que l'enfant était en danger avec sa mère mais n'a pas voulu dépauser au procès et en attendant, la gamine développe névroses sur névroses...

il y a la petite fille qui souffre de migraines chroniques, au point de devoir prendre des médocs en classe, lesquels médocs, pris en trop grandes quantités (comme c'est le cas) provenquent... ben encore plus de migraines.... en fait, c'est une petite super angoissée, je crois qu'elle sommatise, mais de quoi?...

photo-classe2.gif

Il y a aussi, et en vrac ce coups-ci,parce que des comme-ça, y'e a dans toutes les classes
le petit mythomane qui voit des morts partout;
la petite absente deux semaines par mois dont je soupçonne la mère de la séquester;
la petite dont la soeur cadette insulte et tabasse les parents;
la petite vraiment délaissée au niveau de l'hygiene;
le petite à qui la mère aimerai faire sauter une classe pace qu'elle la fatigue, et qui fait son boulot n'importe comment depuis;
le petit garçon qui pourrait être sourd, ou juste en manque de confiance...
la petite qui n'a pas de limites et ne sait pas faire la différence entre la blagounette et l'insolence, mais dont les parents trouvent ça très drole
le petit qui, à 6 ans,  a 3 ans et demi d'âge mental, mais dont les parents refusent de se demander pourquoi, de le faire voire par un neurologue ou un psy, et qui s'étonnent de voir qu'il arrive toujours pas à écrire son prénom...



ecole-so-248.jpgheureusement,  là, y'a pas tous mes élèves, hein!
si si, j'en ai plus que ça!










nan, sans rire, le moins que je puisse faire pour eux, concentration anormale de cas sociaux ou pas, en attendant que la justice, les psy, les orthophonistes, les parents, fassent leur travail, c'est de faire en sorte que leur journée à l'école soit un moment préservé, structurant mais où on rigole, et ou on apprend et on grandis
même si ça passe par passer la moitié de ses vacances à penser et à bosser pour eux...

Publié dans Tautologie

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WIll 01/05/2008 10:06

J'avoue, surtout quand il paye bien les factures tout comme il faut ;)

Will 30/04/2008 18:04

Je n'ai réussi pour l'instant à trouver qu'un truc pour lequel j'étais bon, mais pas pour lequel j'étais fait...
J'avoue, je ne cherche pas plus que ça pour le moment. C'est un confort un peu lâche...

Nama 30/04/2008 22:09


c'est bien aussi le confort ;)


Will 30/04/2008 10:09

C'est... wow.
Faut être forte tout de même pour pouvoir gérer ça tout en gardant sa vie à soi... Je ne crois pas que tout le monde le pourrait.

Je ne crois pas que je le pourrais, en fait.

Nama 30/04/2008 14:36


personne ne peut vraiment longtemps

mais c'est gratifiant de trouver ce pour quoi t'es fait et pour quoi t'es bon


La Lorgnette 05/03/2008 19:27

C'est effrayant cette description. S'agit il d'une classe en particulier ou sont elles toutes peuplées de pauvres petits enfants maltraités, handicapés, traumatisés par la vie ?

Nama 05/03/2008 20:49

nan, nan, je te rassure, c'est une classe normale ;)mais tu sais, quand t'étais gamine, dans ta classe c'était surement la même chose, mais tu t'en rendais pas compte...y'a que la maîkrèèèèèsse qui connait les vie de toutes le familles, et c'est mieux ainsi!

Tiphaine 04/03/2008 22:54

Ravie de découvrir ton blog, je constate qu' hélas nos élèves ont des points communs. Je suppose donc que tu dois les aimer beaucoup, je fais même plus que le supposer, je le constate ! (qu'est-ce que je constate moi!)

Nama 04/03/2008 23:07

enchantée que tu me fasse l'honneur de ta visite ;)hé oué, tu constates bien, je crois!si il n'y avait pas cette intensité dans les rapports humains, comme ceux que tu décris si bien, à la fois prenants et enrichissants, déprimants et passionnants, je crois qu'on aurai du mal à supporter la masse de travail et l'implication que demande notre boulot ;)