Déjà, il a fallu pas moins de 50 coup de fils pour savoir à qui envoyer la paperasse, et encore, j'ai pas tout envoyé comme il fallait.
En plus, j'ai été confronté à l'absurdité d'un système qui, quand tu peux pas te déplacer, voudrait que tu retourne bosser pour faire tamponner un papier, et revenir chez toi après, et là seulement, tu auras le droit d'aller chercher les médicaments adéquats à la pharmacie.
Eh bien cette fois, j'ai reçu une convocation.
Oué une convocation, genre « jette ton arme, tu es cerné, alors rends toi! »
bon, y'avait aussi une lettre pour réclamer un papier que j'avais déjà envoyé, mais ça, on a l'habitude...
Donc quand même ils avaient l'air un chouilla énervés, les gens de l'éducation nationale:
L'inspecteur d'académie,
directeur des services départementaux
de l'éducation nationale du Val de Marne
à Nama Moi-même De Moi
s/c son directeur d'établissement
avec envoie d'une copie au domicile
Objet: Votre accident de service survenu le 31/03/2008
CONVOCATION
oui oui, écrit en gras, en majuscule et souligné, rien que ça!
Je vous prie de bien vouloir vous présenter devant
Monsieur le Docteur Raymond Chablabla (généraliste)
le 06/05/2008 à 11h30
munie de la présente convocation et impérativement des pièces médicales vous concernant.
en gras et souligné, le « impérativement »
Je vous précise que si vous ne vous présentez pas au rendez-vous fixé, le montant de vos indemnités recouvrant la période d'arrêt maladie ne vous sera pas versé.
Je vous informe qu'aucune suite ne pourra être donnée à votre dossier tant que je ne serai pas en possession du rapport d'expertise.
Quelque chose me disait que c'était pas une bonne idée de sécher le rendez-vous, alors je m'y suis pointée, me demandant bien ce qu'il allait pouvoir voir d'une entorse, 5 semaines après l'accident...
Et j'ai pas été déçue du voyage.
Mon arrivée dans le cabinet du médecin mandaté m'a laissé sans voix.
Entrée et salle d'attente dans les standards médicaux: c'est blanc, un peu spartiate, ça sent le gens malade, et t'as une chaise en plastique pour poser ton séant.
Mais une fois entrée dans la salle d'examen, j'ai été soufflée:
total look savoyard!
Lambris en pin recouvrant absolument chaque centimètre carré de mur, rosette au plafond, petits rideaux rouges à carreaux blanc et froufrous en bordure et chaise en pin, évidement,
Le bureau immense en pin ressemblait à une vieille tale de ferme.
Je suis restée plantée là, bouche ouverte, les yeux écarquillés qui ne savent pas où se poser.
Et ça a duré longtemps, parce qu'en fille bien élevée, j'attends qu'on me propose de m'asseoir.
Mais faut croire que les médecins ne sont plus des gens bien élevés, parce qu'il ne m'a pas calculée, plongé qu'il était dans la paperasse de mon dossier.
J'ai fini par m'asseoir de mon propre chef, une fois ma stupeur un peu passée.
Mon regard allait sans arrêt du médecin à la table d'examen, parce qu'ils ne cadraient pas du tout dans le décors, mais que ni l'un ni l'autre n'avaient l'air de s'en rendre compte.
J'ai donc décidé de faire comme eux, et j'ai essayé de me convaincre que oui, tout était parfaitement normal.
Donc le docteur, il fallait qu'il m'ouvre un dossier, alors il a commencé à me poser tout plein de questions indiscrètes.
Genre quel âge j'ai. Ben j'ai pas su lui répondre, c'était la honte. D'abord c'est un truc que j'oublie toujours, et en plus, cette gourdasse de Gallïane m'a mis le doute la dernière fois.
Après il a demandé si je savais ma taille et mon poids. J'ai répondu que non, que ça m'intéressait pas.
Mais lui, ça l'intéressait fichtrement, alors il a voulu me foutre sur sa balance. Je me suis défendue que ça avait aucun rapport avec l'entorse ça, et que je voulais pas savoir. Mais j'ai quand même dû monter sur la toise et passer sous la balance. A moins que ce soit l'inverse.
Et je ne lui dis pas merci, même si il s'est courtoisement abstenu de tout commentaire.
La bonne nouvelle, c'est que contrairement à mon impression, je n'ai pas fait pop-corn pendant mes trois semaines de canapé forcé.
La mauvaise nouvelle, c'est que ça fait des mois, sinon des années que j'ai cette silhouette là sans m'en être rendue compte.
Bref, les chiffres ça pue du cul, mais c'est pas grave, je vais bientôt les oublier...
Ensuite, le médecin courtois, il a voulu que je lui déballe l'arbre généalogique des maladie de mes ancêtres. Et il a été servi.
Après m'avoir tâté le dos, il a été d'accord pour dire que ma cheville était guérie, et comme je contestais pas, il a clos le dossier d'accident du travail.
Mais toujours aucune allusion au décors.
J'ai jeté un coup d'œil à la pièce avant de partir, pour bien m'imprégner de ce voyage dans un chalet savoyard chez un docteur de banlieue parisienne.
C'était ma matinée incongrue et c'était vraiment très intéressant.
Il a du être content le médecin...
aucun intéret, c'était couru d'avance que ça serai un médecin moche moustachu et bedonnant
comme d'hab