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Mercredi 21 mai 2008 3 21 /05 /Mai /2008 13:05
Oui, une fois n'est pas coutume, ça va parler kékette ici.

Or donc, étant fort célibataire de ma personne, j'ai rencontré il y a quelques jours un monsieur par l'Internet, cet outil du Diable.

Causerie virtuelle pas très intéressante, mais suivie d'une invitation à prendre un verre.

Et moi, pas bégueule, j'accepte, parce que bon, savoir si y'a feeling ou pas par les tuyaux du net, c'est pas facile.

 

Le gens arrive un peu en retard, mais y'a du bon boire, et on papote gentiment. Arrive le moment où il propose le dernier verre chez lui.

 

Et moi je suis pas une femme du monde.

Loin s'en faut.

Je veux juger sur pièce de si je perds mon temps où pas.

Non mais!

 

Et puis on sait bien pourquoi on est là hein, faut pas se voiler la face.

Je le suis donc.

 

C'est là que ça va commencer à être intéressant.

Oui parce que jusque là, je sais bien...

rien de transcendant...

pour mon non plus figurez vous

 

 

Bref, dans l'escalier, le sieur explique nerveusement que oui bon, faut pas faire attention, c'est chez ses parents, son appart à lui est en travaux, il attend de déménager, tout ça...

En effet, la déco néon dans la gueule, buffet en chêne massif, grosses cigales au mur et nappe provençale, ça m'a surpris.

Mais pas plus que la suite.

J'ai suggéré qu'il pouvait peut être trouver un éclairage plus approprié que le néon pour cacher ses horreurs avant qu'un pu verdâtre me sorte par les yeux et que je finisse définitivement aveugle.

Alors il s'est efforcé de créer une atmosphère plus propice.

Il a baissé la lumière et, déclarant « je mets un peu de musique d'ambiance » a allumé la télé sur FUN TV.

 

oui...

 

J'avais déjà le cul sur le canapé en simili-qui-colle-des-parents, alors c'est les bras qui m'en sont tombés.

 

Mais c'était pas très grave parce que c'était pas à mes bras qu'il s'intéressait.

 

Comme il s'intéressait beaucoup et que le carrelage blanc et froid du salon m'excitait pas plus que ça, j'ai entrepris de l'entrainer dans la chambre.

 

Mais là, il a paniqué, parce que c'est dans la chambre de ses parents que je l'emmenais.

Gourde que j'étais, j'avais oublié qu'il était pas chez lui et que c'était pas lui l'adulte ici.

En tout cas y'en a encore pour qui le lit parental est un sanctuaire.

C'est bien.

Ou pas.

 

Parce que du coup je me suis retrouvée dans sa chambrette à lui.

Le pc, la télé, les trois consoles, des manettes et des câbles partout au sol.

17 ans quoi.

 

Et surtout un poster de Tom et Jerry dans un beau sous verre au dessus du lit.


Mais bon, puisque j'étais là, fallait bien que je pousse l'investigation jusqu'au bout.

Otis Redding a succédé à fun tv.

Ca a aidé.

 

Au comble de l'embrasement, l'individu entame une parade d'approche qui a peut être cours dans une lointaine galaxie mais inconnue de moi.

Ça consiste à étaler de la bave sur le menton, les joues, le nez à coups de langue tout en frottant activement le membre viril à travers le jean, attention c'est très important, et contre la cuisse de la demoiselle.

 

Très vite, j'en ai eu marre de ces conneries, mais lui ça avait l'air de bien lui plaire.

Comme j'ai eu l'occasion de remarquer plus tôt que le personnage avait ce qu'on appelle communément une grosse bite de bâtard, je lui ai prêté ma cuisse un moment.

Et puis je me suis dit que si je prenais pas les choses en main, ça pouvait durer longtemps cette histoire et que j'allais vite m'ennuyer.

Et finir par remarquer de nouveau Tom et Jerry qui nous dardaient de leur regard concupiscent.

 

Ce qui fut fait.

Pas remarquer Tom et Jerry hein, prendre le commandement des opérations.

 

Mais ô combien je me trompais.

Ça n'a pas du tout duré longtemps.

 

Je me rappelle que deux pensées fulgurantes m'ont traversé à ce moment là:

1: « Quoi? Déjà?! »

2: « Alors c'est ça « précoce »? »

Après réflexion, non, j'imagine que la précocité c'est quand même pire que ça...

 

 

Mais j'ai pas eu le temps d'y réfléchir longtemps, parce que le guignol a fait la déclaration du siècle:

« Ouais bon, c'est ta faute aussi, t'as fait des trucs de fou! »

Si ça c'est pas l'excuse la plus minable du monde, je sais pas ce que c'est.

 

Comme il a senti que j'allais exprimer quelques récriminations, il s'est empressé d'ajouter:

« Oh et puis c'est pas juste hein, vous les filles vous pouvez avoir plusieurs orgasmes de suite, nous il nous faut du temps pour nous remettre, on peut pas recommencer tout de suite hein! »

Vous imaginez pas comme j'ai dû lutter pour pas lui faire remarquer que moi j'en avais pas vu a queue d'un là!

Oui j'ai lutté parce que je susiune pintade gourdasse et parce que  je perdais pas de vue la lance à incendie impressionnante (oui, il est pompier, fallait bien la placer à un moment celle là, c'est fait, merci).

 

Complètement incrédule, j'ai surtout cru que c'était de l'humour.

Eh ben non!

Il a sorti ça avec la plus grande sincérité.

Et j'ai enterré mes derniers espoirs que le gus sache se servir de son outillage ou du reste. Apparemment, prendre son pieds y'en a que ça le rend manchot aussi...

 

 

Frappée de stupeur, j'en étais encore à essayer de bien comprendre comment on avait pu glisser dans la dimension parallèle de l'absurréalisme.

Le lèchage de menton, Tom et Jerry, l'amoureux de son jean, les trucs de fous, la limitation d'une érection par tranches de 48 heures....

 

Quand soudain, on est montés d'un cran dans l'aberrant: il a allumé sa clope et a mis Cauet.

Et il a ri.

Puis il m'a dit qu'il avait trop adoré « Bienvenue chez les Chtis ».


 

C'est là que je me suis rendue comte que tout ça était fantastiquement drôle.

C'était tellement improbable cette accumulation:

Le lèchage de menton, Tom et Jerry, l'amoureux de son jean, les trucs de fous, la limitation d'une érection par tranches de 48 heures, Cauet et les Chtis....

 

C'est pas formidable franchement?

 

Nan mais ça peut pas exister des trucs pareils, c'est trop énorme.

Alors je me suis mise à rire.

Pas toute seule, puisque je vous rappelle que lui il riait aux vannes de Cauet.

Même pas j'étais frustrée ou énervée ou navrée tellement je trouvais ça drôle.

 

 

Soudain, il y a eu une fulgurance, il est sorti de sa gaité cauétienne, et moi de mon fou rire halluciné.

N'allez pas croire qu'il allait remettre ça hein.

Bien sur que non.

 

Il a demandé:

« Comment ça s'appelle ça?

_ tu te fous de ma gueule?

_ nan comment ça s'appelle?

_ c'est pour rire?

_ ben nan

_ .... des bas ...

_ ha, bah c'est pratique et c'est plutôt joli en fait.

_ .... c'est pas tout ça, mais je vais y aller moi... »

 

 

En fait, j'ai détourné un mineur, je ne vois pas d'autre explication...

ou niqué un extra terrestre...

ou c'était un de ces cauchemars drôles, vous savez...

ou les trois...

 

Alors maintenant la question, c'est de savoir si jouer à la vieille initiatrice qui apprend des choses à un garçon à l'outillage prometteur, certes, mais qui connait rien à la vie, c'est drôle où si je vais juste me faire chier...

A votre avis?


PS: vous l'aurez compris, ou eut être pas, l'individu détourné susmentionné a la trentaine hein...

j'aime pas les enfants de toute façon!

Par Nama - Publié dans : Hystérologie
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