Voilà, c'est fait, c'est scellé, on n'y revient plus, j'épouse Thomas Dutronc.
Haaaa y'a de la jalouse là hein !
Aller, d'accord, je raconte.
Bon, faut savoir que le jeune homme, je l'aime d'amour depuis bien avant la sortie de son album.
Fan de la première heure, tout ça...
Et j'ai quand même réussi à louper le concert que j'avais tout bien planifié depuis six mois.
Oué, je suis pas la seule à le chérir, le Thomas, et les autres gens, ils font pas que tout organiser pour y aller, ils achètent les places à temps... Enfin, bon, bref...
Après notre rendez-vous manqué d'il y a trois semaines, je me disais que tout ça paraissait bien mal engagé, qu'il fallait me faire une raison, Thomas n'était peut être pas pour moi.
Et j'ai annulé la wedding planeuse.
Mais il ya quelques jours, la petite fée Gallïane, du fond de son lit de convalescence, me met en contact avec Melle Gima, qu'est pas trop sure de vouloir aller à une rencontre avec Thomas Dutronc toute seule.
Qoooouuuuuuaâââââââ ??? que je lui dis.
Je vendrai père et mère pour partager une bière et une chips avec lui, et toi t'es pas trop sure ?
Alors j'ai ordonné : Trouve-moi une place, je t'accompagne !
Et je l'ai accompagnée (merciiiiiiiiiiii les filles!).
Tout d'abord, nous sommes arrivées les premières, et le gentil organisateur (qu'il s'appelle Alexandre et qu'il est loin d'être moche et antipathique lui aussi) ben il nous a collé dans une salle
de réunion toute sombre, avec des fanions multicolores au plafond, des tables en U, quelques chaises et une moquette orange déprimante.
Enfin je sais pas si elle était réellement orange la moquette, mais on se serai plus cru à un briefing du lundi matin chez les commerciaux de la Cotodex que dans une maison de disques sur le
point de rencontrer un artiste plein de talent et d'élégance.
J'ai eu un peu peur, je dois dire...
Enfin, heureusement, il y avait les fanions, y'a décidément rien de mieux pour mettre l'ambiance !
Youhouuuuu!
Après, plein de bloggeurs que je ne connais pas sont arrivées, et des que je connais aussi, mais l'heure n'était pas aux mondanités.
Enfin pas avec nous du moins.
Et comme on n'est pas fortiches en mondanités, ça nous arrangeait bien.
Les gens se parlant quand même, j'ai vite constaté que peu d'entre eux connaissaient vraiment Thomas Dutronc. Au mieux, ils avaient écouté deux ou trois chansons la veille.
Ca m'a outrageusement scandalifié, parce que j'étais pas la seule à rêver de voir la bête, je le savais bien, mais mon neurone m'a fait remarquer que c'était surement ça le but de
l'exercice : faire connaître l'album à des mécréants, donc j'ai trop rien dit.
Quand, soudain, tout à coup, inopinément et par surprise, mon oreille s'est trouvée attirée par un bruit dans le couloir. Un bruit, que dis-je, un son enchanteur : la voix de mon futur
époux.
J'étais toute retournée dans le dedans de moi-même, on s'imagine bien.
Et quand il est entré, tout de noir et de classe multinationale vêtu, j'ai frisé le choc anaphylactique : j'ai rougi, tremblé, bavé, ma mâchoire et mes yeux sont restées bloqués à leur
ouverture maximale.
Il va sans dire qu'il n'en avait cure, il a posé sa guitare, s'est trouvé une petite chaise, et a finalement décidée venir nous dire bonjour. La coolitude extrême.
Un quart de secondes plus tard, y'avait Thomas Dutronc qui me claquait la bise.
je défaillis
Ca a d'ailleurs été le running gag de la soirée : les gens arrivant en retard (oui, y'a des gens qui se permettent d'arriver en retard, à un rencard avec Thomas...) étaient déstabilisés par
l'artiste qui se levait pour leur faire la bise. Au point que le pauvre se prenait des vents, parce que les gens n'imaginaient pas tant de simplicité.
Et lorsque qu'à la première question, un peu bateau : « Pourquoi cet album ? il répondit par « En fait, mon but dans la vie c'est d'être maître du monde», j'ai
intérieurement et très fermement décidé que j'allaislui demander de m'épouser.
Comme on était quand même un peu en public, j'ai fait un effort pour bien me tenir, j'ai tout gardé mon hystérie dedans, mais j'ai pas pu empêcher mon visage de prendre son air béatement heureux
et stupide.
Vous savez, le sourire idiot et les étoiles dans les yeux, des trucs qui donnent l'air supérieurement intelligents.
je sais même pas comment j'ai fait pour pas baver partout
La conversation s'est engagée, façon papotage de comptoir, entre la cacahuète, le saucisson et le picon bière.
Je veux dire, une vraie conversation, avec un vrai échange, et le monsieur qui s'intéresse à nous et qui nous pose des questions sur comment on tient nos blogs, que lui il a essayé, il y arrive
pas tout ça.
Bon, je ne redis pas le délice de félicité que c'était de l'écouter parler de la composition des chansons, de comment tu deviens amis avec Biréli Lagrene, du saucisson corse, de sa bande de
potes, des maisons de disques, de boire des coups, des concerts spectacles et de « Ni Dieu ni maître, mais des frites, bordel ! » C'est tout bien raconté là
Après tout ça, je sais bien qu'il est trop tard et que personne ne croira que je n'ai pas du tout un tempérament fano- admiraso-groupiique.
Mais je le dis quand même.
La fan attitude, c'est vraiment pas mon truc. J'ai même jamais eu de murs tapissés de posters dans mon adolescence, c'est dire !
Où si, mais des équipes de rugby et des motos de courses, ça compte pas. (Et oui, ne te pose pas la question, j'ai été garçon dans mon adolescence, mais ça va mieux maintenant.)
Tout ça pour dire que je suis absolument impartiale et objective lorsque j'affirme que Thomas Dutronc c'est le plus beau, le plus drôle, le plus fort, le plus
intelligent, le plus sympa, le plus humble, le plus naturel, le plus accessible et meilleur musicien de toute la création.
Un point c'est tout.
Sans exagérer.
Et encore plus que ça quand il me regarde.
Dieu que la lunette peut être sexy!
Au point que quand les gentils organisateurs, à la fin, ont demandé « Y'a plus de questions ? », toutes les fibres de mon corps lui ont hurlé la demande qui m'enfiévrait :
« Monsieur ? Tu veux m'épouser ? ».
Point de bague au doigt pour le moment, ma maman de Caraïbie m'a bien fait la leçon (la petite noirtte avec des fesses en béton) : c'est pas en couchant le premier soir que tu te trouveras
un mari, non mais ! »
Alors je suis juste repartie avec un album dédicacé, un pour ma coupine jalouse, et ma photo d'adoratrice couillonne.
tu la vois, la complicité, là? hein?hein? tu la vois?
bon, tu vois aussi la gourde sur ses talons de 10cm qui se fait attaquer par une des joyeux fanions...
Et j'étais bien contente, parce que mon album de moi, le tout usé à force de trainer entre ma voiture et ma classe, ce lui que j'avais bien préparé, sur ma table, la veille, avec l'adresse de la
rencontre, ben il y était toujours, sur la table de ma maison!
Faut bien justifier son statut de grue...
Enfin maintenant, mon nuage, il est très très haut dans le ciel !
Evidement, toi, tu peux pas comprendre, t'as pas vécu THE rencontre, mais tu peux vivre un peu de ce bonheur en écoutant l'album ou en allant le voir en spectacle.
foi de moi, impossible d'être déçu!
y'a aussi de magnifiques photos de la rencontre ici, prises par Ji Hen
celles qui sont là ont été prises par Gima, qui a remarqué que j'étais bien trop en transe pour réussir à allumer mon appareil.