Bon, hé, les gens, c'est pas tout ça de se gausser de ceux qui aiment pas les clowns terroristes, qui flippent de la sonnette et oublient leur culotte.
Faudrait voir à se culturationner un peu.
Et tu fais quoi l'été, quand il ne pleut plus dans ton salon mais que t'es quand même un peu fatiguée parce que t'es obligée de travailler ?
Ben tu loues des films.
Et tu comble des lacunes cinématographiques.
Le pré-code, je suis ultra fan, j'en avais déjà parlée.
Pour résumer (parce que je sais que tu ne cliques pas, lecteur paresseux, on me la fait pas à moi !) :
Le code Hays, c'est un code de censure très détaillé, de la taille du décolleté au bon goût auquel on est tenu quand on entre-aperçoit la chambre à coucher, et qui fut appliqué à partir de 1934.
En gros, dans les films, on n'a plus droit au sexe, aux crimes, à l'adultère, à la grossièreté ou à la violence...
Autant te dire qu'on s'éclate après 1934.
Alors oui, c'est intéressant de voir quelles trouvailles Hollywood a dû dénicher pour contourner le code.
Mais c'est aussi bien marrant de voir les films hyper « osés » qui ont déchainé la fureur des ligues de vertu et abouti à l'application de ce code de morale.
Le pré code donc.
Et les débuts du cinéma parlant, ben ça t'étonnera pas, c'est que du cul et de la violence.
Tout pour plaire, faut pas le nier.
Bon, ok, c'est du cul et de la violence d'il y a cent ans. Mais quand même quoi !
Donc, un que tu vas pouvoir trouver pas trop difficilement, c'est le Dr Jekyll et Mr Hyde, de Rouben Mamoulian, 1932.
Et nan, j'ai pas choisi celui là parce que y'a du docteur dedans
ou qu'il a été fait par un russe, tu as vraiment l'esprit mal tourné, gens.
Alors déjà, la scène d'ouverture te laisse sur le cul, parce que c'est juste un peu le premier traveling subjectif de l'histoire du cinéma.
Tu es Jekyll et tu te découvres dans le miroir.
1932 je te rappelle !
Et pareil pour la scène de transformation en Hyde, bien sûr.
C'est tout plein d'effets visuels et sonores inédits, de jeux de miroirs et de plans audacieux...
Par exemple, pour les split screen, Djack Boweur n'a rien inventé quoi.
A part ça, pour la première adaptation de Jekyll et Hyde au ciné parlant, Mamoulian propose une relecture sexualisée du mythe (haaaaa, tout de suite, je vois que ça t'intéresse plus hein!).
Le Jekyll du début est porté par une noble révolte contre la morale sexuelle. Ça le saoule de devoir attendre pour niquer sa fiancée et de pas pouvoir rouler une pelle à une inconnue.
Jusque là, on est bien d'accord, tu dis bravo
et tu l'encourages dans ses théories novatrices, le docteur.
Bon, on est quand même en 1932, alors libérer son côté wild, ça lui fait un peu tuer des gens, au gars...
Mais quand même, l'idée est là quoi !
Et pi aussi y'a des effets spéciaux qui sont pas ridicule, et c'est à souligner, parce que souvent, ça vieillit mal.
Bon après, moi je suis habituée à l'esthétique des films à peine parlants, vous allez peut être trouver ça ridicule, vous, mais j'men fout...
Les acteurs sont plutôt très bons, au point de gagner un oscar pour Fredic March, et de me faire croire à une scène de « je t'aime donc je te quitte ».
Faut être super fort pour ça, et j'ai été toute émue, alors c'est pas peu dire qu'ils sont bons!
Et surtout, il y a une scène d'un érotisme torride :
Le fameux enlevé-de-jarretelle de Miriam Hopkins!
Tu peux zapper la première minute, mais après, tout y est :
sauvetage de demoiselle en détresse, montrage de bas par inadvertance, "tiens, regarde, c'est là que j'ai mal", zieutage de haut en bas pour évaluer la marchandise, corsage subtilement déchiré, regard de braise, sourire ravi du monsieur, « profite de moi pendant que je m'évanouis », et autres shagasseries.
Et puis paf, à partir de 2.16, c'est strip-tease intégral !
Hééé ouais, il a été tourné intégralement, le strip-tease, mais y a un gros con qui est venu nous massacrer la bobine sous couvert de décence et de morale, alors on a juste une grosse cassure et une jolie dame toute nue sous sa couverture.
Mais heureusement, après le roulage de pelles, y'a un bout de nichon bien visible qui dépasse...
Haaaaaa cette jambe qui se balance au bord du lit
(avec une jarretière qu'on sait pas comment qu'elle est revenue là, hé hé... )
et cette petite phrase malicieuse du bon docteur
« I'll call that kiss my fee ! »
Ben voilà, moi j'adore,
épicétou.
les vacances c'est bien connu, ça fait regarder la télé à pas d'heures
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